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Quel avenir pour l’Ukraine avec ce nouvel ordre politique ?

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L’Ukraine vit une situation sans précédent. Les Ukrainiens et les observateurs de l’Ukraine sont encore en train d’absorber ce développement : un comédien est devenu chef d’Etat. Lors du scrutin parlementaire, Volodymyr Zelensky a obtenu 73 % des voix, remportant ainsi la majorité absolue. Le nouveau président ukrainien est l'exemple le plus récent et à bien des égards, le plus radical, d'une victoire d’un candidat sans lien avec la classe politique, qui se compare à Donald Trump et Emmanuel Macron. Mais Volodymyr Zelensky est un phénomène spécifiquement ukrainien. 

Ce nouveau rapport intitulé « Quel avenir pour l’Ukraine avec ce nouvel ordre politique ? » de Joanna Hosa et Andrew Wilson, retrace les origines et l'importance de l'ascension fulgurante de Volodymyr Zelensky, considère ses perspectives de transcender la politique ukrainienne comme « normales » et présente des recommandations aux partenaires occidentaux qui soutiennent le pays dans cette nouvelle étape d’un voyage mouvementé post-indépendance.

Alors que la situation géopolitique reste en grande partie la même – la Russie étant « l'agresseur » et l’Ukraine ayant toujours besoin de l'Occident – des changements s’annoncent. Au cours de l'été 2019, les Ukrainiens ont constaté que l'orientation prise par leur pays s'était considérablement améliorée. Pour que cette tendance perdure, les partenaires occidentaux devraient prendre de nombreuses mesures pour soutenir ses efforts au cours des cinq prochaines années, notamment les suivantes : 

  • Reconnaître l'Ukraine comme un partenaire clé pour la sécurité européenne : soutenir les efforts de l'Ukraine pour mettre fin à la guerre dans le Donbass ainsi que ses efforts pour reconstruire les territoires sous contrôle du gouvernement. La position du président Volodymyr Zelensky à l’égard de la Russie concernant la guerre ne signifie pas qu’il acceptera de faire des concessions. Les premiers signes montrent que les gouvernements occidentaux sont trop naïfs quant aux propositions de « paix » de Vladimir Poutine.
  • Soutenir les efforts de l'Ukraine en matière de gouvernance : aider à renforcer les institutions et à étendre les services publics aux citoyens ukrainiens de la région du Donbass.
  • Renforcer la présence dans la mer d'Azov : l'Union européenne (UE) devrait ouvrir un bureau de sa mission de conseil (EUAM) à Marioupol et envisager une présence de sécurité permanente dans la région, qui demeure un point d'ignition. S'il n'y a pas de parapluie de sécurité, la reconstruction économique au coup par coup aura peu d'effet.
  • Soutenir la lutte de l'Ukraine contre la désinformation russe : aider à renforcer la mission et l'indépendance du nouveau diffuseur public créé en 2017 et veiller à ce qu'il soit correctement financé et à l'abri des interférences politiques. Continuer à financer les organisations non gouvernementales (ONG) qui luttent contre la désinformation russe en ligne et créer une agence spécialisée à cet effet.
  • Réévaluer le rôle et les besoins de la société civile en Ukraine : continuer à soutenir les ONG, tout en allouant davantage de fonds aux ONG locales qui opèrent en dehors de Kiev. Soutenir également les institutions culturelles locales telles que les think tanks, les théâtres, les bibliothèques locales et les associations d'entreprises qui contribuent à renforcer la confiance dans la société et à accroître la résilience au niveau local.
  • Étudier de plus près l'exemple ukrainien : il est important de mieux comprendre le rôle des technologies dans les démocraties modernes, d'apprendre de solutions innovantes ainsi qu’à encourager les jeunes à voter dans les pays européens.

-FIN-

Presse

Pour les demandes d'interviews, veuillez contacter la directrice des communications de l'ECFR, Ana Ramic : [email protected] T: +49 (0) 30 3250510-27 M: +49 (0) 151 65114216, ainsi que l’équipe de communication de l'ECFR : [email protected].

A propos des auteurs :

Joanna Hosa est programme manager du programme Europe élargie de l’ECFR. Avant d’occuper ce poste, elle a travaillé dans des organisations de la société civile et des institutions européennes dans les questions de démocratie, les droits de l'homme et les politiques de consolidation de la paix, avec un accent régional sur l'Europe orientale, les Balkans occidentaux et l'Asie centrale.

Andrew Wilson est chercheur au programme Europe Elargie de l’ECFR. Ses recherches portent sur l'Ukraine, la politique comparative de démocratisation dans les États post-soviétiques et la technologie politique. Il est également professeur d'études ukrainiennes à l'University College de Londres. Son livre « Ukraine Crisis : What the West Needs to Know » a été publié par Yale en octobre 2014 au Royaume-Uni et en novembre aux États-Unis. 

A propos de l'ECFR :

L’ECFR est le premier centre de recherche et d’influence (think-tank) paneuropéen l'objectif est de promouvoir à travers l’Europe le développement d’une politique étrangère européenne intégrée, cohérente et efficace. Avec un réseau de bureaux dans sept capitales européennes, plus de 60 personnes originaires de plus de 25 pays différents et une équipe de chercheurs associés dans les 28 États membres de l'UE, l’ECFR est idéalement placé pour fournir des perspectives paneuropéennes sur les principaux défis et choix stratégiques auxquels les Européens sont aujourd'hui confrontés. L’ECFR est un organisme indépendant et financé par diverses sources. Pour plus de détails, veuillez visiter le site : www.ecfr.eu.

L’ECFR ne prend pas de positions collectives. Ce rapport, comme toutes les publications de l’ECFR, ne représente que le point de vue de ses auteurs. 

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