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Etude transatlantique : les Européens et les Américains s’inquiètent de « l’effet Trump »

Etude transatlantique : les Européens et les Américains s’inquiètent de « l’effet Trump »


  • Aujourd’hui, moins d’Européens considèrent les Etats-Unis comme un allié précieux que l’inverse : 73% des Américains contre 67% des Européens considèrent leurs homologues comme des alliés précieux.
  • La plupart des Européens (55%) pense que Trump va mettre en péril leur relation avec les Etats-Unis.
  • Les Américains et les Européens s’entendent sur les quatre domaines politiques où ils s’attendent à ce que Trump échoue : (1) l’égalité sociale pour les femmes et les minorités, (2) la pauvreté, (3) le changement climatique, et (4) les droits de l’homme.
  • Les Européens et les Américains sont optimistes quant aux relations des Etats-Unis avec la Russie, et pessimistes quant aux relations avec la Chine, sous la présidence de Donald Trump.

Donald J. Trump deviendra le 45ème président des Etats-Unis le 20 janvier 2017. Nombre d’observateurs s’attendent à un bouleversement des relations transatlantiques, étant donné l’intention de Donald Trump de négocier de meilleurs accords avec les alliés des Etats-Unis. Mais, selon une étude du Conseil européen des relations internationales (ECFR), en partenariat avec Dalia Research, une grande majorité des Américains (73%) voit l’Europe comme un allié précieux, en dépit de la rhétorique de son Président-élu. Les Européens, qui comptent traditionnellement plus sur l’alliance transatlantique que les Américains, voient désormais d’un moins bon œil leurs homologues, avec seulement 67% d’entre eux qui considèrent les Etats-Unis comme un allié incontournable. Malgré les différences, cela suggère qu’une majorité de personnes pense que le partenariat transatlantique est important.

Afin d’en savoir plus sur l’alliance transatlantique, l’étude représentative de l’ECFR/Dalia apporte des éclairages complémentaires sur les attentes et les inquiétudes des Américains et des Européens concernant le Président Donald J. Trump et son administration. En novembre et décembre 2016, Dalia Research a réalisé des entretiens avec 1 052 citoyens américains et 11 283 citoyens européens dans l’ensemble des 28 Etats membres de l’UE.

Les Européens et les Américains divergent dans leur perception de l’impact du futur ex-président Barack Obama sur leurs relations, et de l’impact qu’aura potentiellement la présidence de M. Trump. Barack Obama a contribué à considérablement améliorer la perception des Européens au sujet de leurs relations avec les Etats-Unis : 56% pensent que les choses se sont améliorées, contre 40% des Américains. Une majorité en Europe craint les répercussions négatives que pourrait avoir la présidence Trump sur leurs relations avec les Etats-Unis. Plus de la moitié des Européens (55%) s’attend à ce que les relations se dégradent, contre seulement 40% des Américains.

 

Cependant, les Européens et les Américains tombent d’accord sur les domaines de politique étrangère où ils pensent que Donald Trump prendra les mauvaises décisions. Interrogés sur 14 domaines, les deux côtés de l’Atlantique s’accordent sur quatre d’entre eux : l’égalité sociale (UE : 39% ; Etats-Unis : 33%), le changement climatique (UE : 33% ; Etats-Unis : 29%), la pauvreté dans le monde (UE : 33% ; Etats-Unis : 30%) et la protection des droits de l’homme (UE : 32% ; Etats-Unis : 27%).

Les Européens et les Américains s’entendent également à peu près sur les domaines où Donald Trump pourrait prendre les bonnes décisions. Ils s’attendent à ce que ce soit le cas pour le terrorisme (43% des Américains, 33% des Européens), la lutte contre Daech (41% des Américains, 33% des Européens) et l’économie mondiale (33% des Américains et 20% des Européens).

Pour les Américains et les Européens, l’impact le plus négatif de la présidence Trump concernera probablement les relations diplomatiques avec la Chine, et l’impact le plus positif celles avec la Russie : 35 % des Américains et 31% des Européens pensent que le Président Trump prendra de mauvaises décisions par rapport à la Chine. A l’inverse, 39% des Américains et 35% des Européens pensent que Donald Trump prendra de bonnes décisions quant aux relations avec la Russie.

 

« La probabilité d’une querelle transatlantique est plus élevée chez les trois Grands de l’Europe », explique Josef Janning, Senior Policy Fellow de l’ECFR et directeur du projet « Repenser l’Europe », avec lequel l’étude a été conduite. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont les pays les plus sceptiques vis-à-vis de l’administration Trump. La Pologne ou l’Italie, par exemple, sont beaucoup moins critiques ». Josef Janning s’attend à ce que ce fossé soit instrumentalisé à la fois par les plus petits Etats européens faisant des avances à l’administration Trump, ainsi que par la politique américaine : « Donald Trump adoptera une approche bilatérale envers l’Europe, cherchant à exploiter les rivalités et les ambitions qui existent entre les pays ». Josef Janning ajoute que des administrations dans le passé avaient déjà agi de cette façon, mais contrairement à Donald Trump, elles avaient été limitées par leur conviction profonde dans les bénéfices d’une coopération rapprochée avec l’Europe.

L’étude transatlantique révèle un surprenant consensus sur l’évaluation des attentes d’une présidence Trump. La relation transatlantique sera dominée par un certain nombre de questions à régler afin d’apaiser de futures tensions entre le Vieux Continent et les Etats-Unis.

Cette étude fait partie du projet Rethink : Europe, une initiative de l’ECFR, soutenu par Stiftung Mercator, qui offre des espaces de réflexion et pour débattre des défis stratégiques de l'Europe. Les questions faisaient partie de l’étude omnibus de Dalia « EuroPulse », qui a lieu quatre fois par an.