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L’Europe doit-elle aider les réfugiés syriens à rentrer chez eux ?

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Alors que le régime de Bachar al-Assad resserre son étau sur le territoire syrien, les gouvernements européens doivent faire face au défi de quand et comment aider les réfugiés qui choisissent maintenant de rentrer chez eux de leur plein gré. En plus d’avoir un impact sur des millions de réfugiés syriens, l’approche européenne aura un poids politique considérable et permettra de déterminer le degré d’engagement des États européens avec le régime Assad.

Ce nouveau rapport de Jasmine El-Gamal, chercheuse invitée à l’ECFR, explique que la situation en Syrie reste trop dangereuse pour le retour des réfugiés et que les gouvernements européens ne devraient pas encourager ces retours. Par ailleurs, ils devraient renforcer leur soutien financier au Liban et à la Jordanie au cours de la Conférence de Bruxelles III sur l’avenir de la Syrie qui se tient cette semaine. 

Cependant, étant donné que certains Syriens choisissent volontairement de rentrer chez eux, le rapport préconise que l'Union européenne joue un rôle plus proactif en cherchant à améliorer les conditions de vie de ceux qui sont déjà en route. Le refus de s'engager complètement sur cette question risque de céder la scène politique à Assad et à ses soutiens extérieurs, ainsi que de laisser passer l'occasion d'améliorer la vie des Syriens, qui ont longtemps souffert.

Le rapport soutient que les Européens devraient s’engager de manière prudente et sous certaines réserves à améliorer les conditions sur le terrain. L'UE devrait employer son influence de manière proactive à cette fin, sous peine de perdre complètement cette influence. Cette approche devrait être fondée sur la « Stratégie globale de protection et de solutions » du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Alors que Moscou a élaboré un plan de retour de près de deux millions de réfugiés en provenance de pays d'accueil du Moyen-Orient et d'Europe, l'UE devrait en profiter pour entamer un dialogue avec la Russie sur les mesures que le régime Assad et le Kremlin devraient appliquer en échange d'une participation limitée de l'Union européenne (UE). Sous conditions de progrès durables sur le terrain, telles qu’une amélioration de la sécurité et la mise en place d’un mécanisme de surveillance, l'UE pourrait proposer de fournir un engagement politique limité - ce que souhaitent à la fois Damas et Moscou - et un soutien local à la stabilisation. Un projet pilote constituant en le retour des réfugiés dans une région spécifique de la Syrie pourrait être un moyen de mettre en œuvre cette initiative. 

Ce rapport met l’accent sur les retours depuis le Liban et la Jordanie. Il s'appuie sur de multiples entretiens avec des experts et fonctionnaires de l'UE, de pays d'accueil, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et d'organisations non gouvernementales internationales. 

Note aux rédactions :

La publication est disponible en ligne et téléchargeable au format PDF ici.

Ce rapport est publié le 14 mars 2019 sur www.ecfr.eu.

A propos de l'autrice :

Jasmine El-Gamal est chercheuse invitée au programme Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) de l’ECFR. Ses recherches portent sur la crise des réfugiés syriens et son impact sur l’Europe et le Proche-Orient. Elle a été conseillère Moyen-Orient auprès du département de la Défense des Etats-Unis de 2008 à 2015, où elle était en charge des questions irakienne, libanaise et syrienne. Pendant l’exercice de ses fonctions, elle a couvert des sujets relatifs, entre autres, au printemps arabe, à l’organisation Etat Islamique et à la baie de Guantanamo. Elle a également été cheffe de cabinet par intérim de l’assistant du secrétaire de la Défense pour la politique du Moyen-Orient et assistante spéciale de trois Sous-secrétaires d’Etat à la Défense.

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