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L’Algérie menacée sans des réformes soutenues par l’UE

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Dans un nouveau rapport publié par l’ECFR, ‘A “reset” with Algeria: the Russia to the EU’s south’, Hakim Darbouche et Susi Dennison soutiennent que l’Europe doit effectuer un changement dans le rapport de force qu’elle entretient avec l’Algérie, l’un de ses principaux fournisseurs d’énergie, afin de favoriser des réformes politiques plus que nécessaires et protéger ses propres intérêts. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour l’UE : l’Algérie a déjà ressenti les pressions appelant au changement et a indiqué cette semaine qu’elle était prête à venir à la table des négociations pour établir un plan d’action de réformes. 

Selon les auteurs, l’agitation n’a jusqu’ici pas embrasée l’Algérie car le souvenir du conflit est encore trop vif au sein de la population et les fonds à disposition permettent au gouvernement autoritaire d’acheter les mécontentements. Néanmoins, sans réforme, l’Algérie court toujours le risque de devoir faire face à de violents bouleversements, et cela a de l’importance pour l’Europe :

  • L’Algérie est le troisième plus grand fournisseur de gaz de l’UE (après la Russie et la Norvège). C’est le principal fournisseur de gaz de l’Italie et de l’Espagne, et de gaz naturel liquéfié de la France et de la Grèce. La fiabilité de l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie de l’Europe repose sur sa stabilité.
  • L’Algérie est un acteur majeur de la sécurité au Maghreb, en Méditerranée, et au Sahel. C’est un partenaire important pour l’Ouest dans la lutte contre Al-Qaeda dans le Maghreb islamique, le terrorisme islamique et une instabilité au sens large en Afrique du Nord.
  • L’Algérie est à la fois un pays d’origine et de transit pour les migrants allant vers l’Europe, et sa coopération est indispensable pour l’UE. De violents bouleversements en Algérie conduiraient à affaiblir la capacité du gouvernement à gérer les flux migratoires.

 

« Les mutations s’opérant en Afrique du Nord représentent une opportunité pour l’Europe de ‘reprendre à zéro’ ses relations avec l’Algérie, un partenaire trop important pour l’ignorer. L’Europe doit s’engager pour soutenir la modernisation économique, en développant des liens commerciaux dans le respect de l’Etat de droit, pour renforcer une zone décisive de notre voisinage commun. » Susi Dennison

« Aucun régime au Moyen-Orient n’est aujourd’hui à l’abri de pressions.  L’Algérie dispose davantage de protections, d’un point de vue financier et politique, mais seules des réformes peuvent sauvegarder l’Etat. L’UE doit négocier maintenant, en offrant un nouveau genre de coopération ou des relations orientées vers les réformes ». Daniel Korski, ECFR Middle East director.

 

Faits importants :

  • Les Algériens ont une profonde préférence pour la stabilité après dix ans de conflits armés entre le gouvernement soutenu par l’armée et les différents groupes islamistes durant les années 1990.
  • Le Président Bouteflika n’est pas très impopulaire, et en février 2011, il a levé l’état d’urgence, en vigueur en Algérie depuis 19 ans, tout en promettant des réformes.
  • 75% des algériens sans emploi ont moins de 30 ans (le taux de chômage des jeunes atteint 24%).
  • Les hydrocarbures représentent 40-45% du PNB total, presque 100% des exportations, et autour de 2/3 des recettes budgétaires.
  • 85% de la communauté algérienne expatriée vit en France, et 8% d’entre elle ailleurs en Europe - principalement en Italie et en Espagne.

 

 

 

 

 

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