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A la recherche de l’autonomie stratégique européenne

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  • Si l'Europe ne développe pas son autonomie stratégique, elle mettra en danger sa capacité d'influence aux niveaux national et international.
     
  • Le débat sur l'autonomie stratégique européenne reste trop centré sur les critiques américaines à l'égard de l'Union européenne (UE).
     
  • Les États membres de l'UE ne s'entendent pas sur le niveau d'ambition géographique et fonctionnelle qu'ils devraient adopter dans la recherche de cette autonomie stratégique.
     
  • Les États membres restent tourmentés quant à l'autonomie stratégique : même ceux qui ne soutiennent pas pleinement ce concept se déclarent convaincus que l'UE devrait développer davantage ses capacités.
     
  • L’incertitude demeure sur les conséquences du Brexit sur l’autonomie stratégique des Européens.
     
  • Pour atteindre son véritable potentiel, l'UE doit mettre fin à sa cacophonie stratégique et se concentrer sur le renforcement de ses capacités. 
     

En quoi consiste réellement « l’autonomie stratégique européenne » et pourquoi est-elle si importante ?

Dans un nouveau rapport publié hier, A la recherche de l’autonomie stratégique européenne, Ulrike Franke et Tara Varma présentent les résultats et l’analyse d'une enquête sur les perceptions européennes de l'autonomie stratégique. 

Les résultats révèlent comment l'incapacité de l’Union à faire preuve de leadership et d’unité dans sa quête d'autonomie stratégique va mettre en péril sa capacité à exercer son influence en Europe et dans le monde. Le rapport identifie également les points de convergence et de divergence sur l’autonomie stratégique européenne, à l'intérieur des États membres mais également entre eux.

Le tableau qui émerge des résultats de l’enquête est fait d’incertitude et de confusion, mais certains éléments sont indéniables :

  • Pour développer l'autonomie stratégique, l'UE devrait mettre de côté ses préoccupations quant à la façon dont les États-Unis perçoivent les efforts de l’autonomie stratégique européenne. L'UE doit plutôt se concentrer sur la portée de ces initiatives – en particulier s'il s'agit avant tout de projets de défense ou si elles doivent notamment concerner plus largement la politique étrangère – ainsi que sur les capacités dont elle a besoin pour en assurer le succès.
     
  • L'UE devrait travailler avec le Royaume-Uni pour intégrer les capacités britanniques dans une stratégie européenne de défense. En effet, ce processus soulève d'importantes questions quant à la portée de la coopération UE-Royaume-Uni en matière de sécurité après le Brexit. L'ECFR a récemment fait valoir qu'il y avait de arguments solides en faveur d'une coopération étroite entre eux – et que l'un des objectifs du Conseil européen de sécurité serait de garantir que le Royaume-Uni reste impliqué dans les questions dans lesquelles le pays a une influence, et qu'il reste un partenaire proche de la France, l'autre poids lourd de la défense européenne.
     
  • Les initiatives de l’autonomie stratégique européenne impliquent une coopération plus étroite et plus efficace en matière de sécurité entre les États membres mais aussi une plus grande attention aux menaces qui affectent l'Europe que l'OTAN ne traite pas. L'UE est capable de jouer un rôle de pionnier en matière de leadership stratégique, comme elle l'a montré dans sa mise en œuvre du règlement général sur la protection des données. Si elle consacrait ses ressources – notamment son pouvoir économique et l'influence de son marché unique – à la poursuite de l'autonomie stratégique, l'UE pourrait contribuer à inverser la tendance internationale à un nationalisme étroit et replié sur soi et devenir enfin une véritable puissance.
     
  • La France est l'un des pays qui considèrent l’autonomie stratégique européenne comme un « objectif important » de leur politique étrangère et de défense, et est perçue comme une initiatrice du concept. Les autres membres de l'UE sont plus divisés. Dix-sept pays – dont la France, l'Allemagne et l'Italie – considèrent l’autonomie stratégique européenne comme un « objectif important » ou « assez important », tandis que onze pays y voient un « objectif sans importance » ou même « contesté » (dont le Danemark, la Pologne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni).
  • Les participants à l'enquête de l’ECFR estiment que les capacités les plus importantes pour atteindre l'autonomie stratégique sont les suivantes : ravitaillement en vol, capacités civiles, soutien médical et évacuation, interopérabilité, mobilité militaire, drones et coordination accrue dans la mise en œuvre du Fonds européen de la défense et de la coopération structurée permanente (FED/PESCo).
     
  • ​L'une des questions soulevées dans cette enquête était de savoir dans quelle mesure la dimension chinoise participait au débat sur l'autonomie stratégique dans chaque État membre. Pour quinze Etats membres, la Chine n’est pas un sujet de premier ordre à cet égard – un nombre étonnamment élevé. En revanche, les autres pays ont déclaré que la Chine était bel et bien partie intégrante du débat sur l’autonomie stratégique en raison de ses incursions en Europe, dans des domaines allant de l'influence politique à la technologie et aux intérêts économiques.
     

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Presse

Pour les demandes d'interviews, veuillez contacter la directrice des communications de l'ECFR, Ana Ramic : [email protected] T: +49 (0) 30 3250510-27 M: +49 (0) 151 65114216, ainsi que l’équipe de communication de l'ECFR : [email protected].

A propos des auteurs :

Ulrike Franke est chercheuse à l’ECFR, depuis septembre 2017, lorsqu'elle a rejoint la New European Security Initiative (NESI). Ses travaux portent sur la sécurité et la défense allemande et européenne, l'avenir de la guerre et l'impact des nouvelles technologies telles que les drones et l'intelligence artificielle 

Tara Varma est chercheuse et directrice du bureau de Paris de l'ECFR. Elle a rejoint l'ECFR en janvier 2015. Ses travaux portent notamment sur la politique de sécurité et de défense en Europe ainsi que sur la politique étrangère de l'Inde et de la Chine.

A propos de l'ECFR :

L’ECFR est le premier centre de recherche et d’influence (think-tank) paneuropéen l'objectif est de promouvoir à travers l’Europe le développement d’une politique étrangère européenne intégrée, cohérente et efficace. Avec un réseau de bureaux dans sept capitales européennes, plus de 60 personnes originaires de plus de 25 pays différents et une équipe de chercheurs associés dans les 28 États membres de l'UE, l’ECFR est idéalement placé pour fournir des perspectives paneuropéennes sur les principaux défis et choix stratégiques auxquels les Européens sont aujourd'hui confrontés. L’ECFR est un organisme indépendant et financé par diverses sources. Pour plus de détails, veuillez visiter le site : www.ecfr.eu.  

L’ECFR ne prend pas de positions collectives. Ce rapport, comme toutes les publications de l’ECFR, ne représente que le point de vue de ses auteurs.

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