Le 8 octobre dernier, l’Ambassade d’Allemagne en France et le Conseil Européen - ECFR, ont co-organisé un débat dans le cadre du processus « Review 2014 – Un regard neuf sur la politique étrangère allemande » engagé par le Ministère allemand des Affaires étrangères. 

Le 8 octobre dernier, l’Ambassade d’Allemagne en France et le Conseil Européen - ECFR, ont co-organisé un débat dans le cadre du processus « Review 2014 – Un regard neuf sur la politique étrangère allemande » engagé par le Ministère allemand des Affaires étrangères.  L’ECFR a été sélectionné par le ministère des Affaires étrangères allemand pour participer à cette évaluation. Le bureau parisien de l’ECFR a donc rassemblé un groupe de vingt-cinq experts sur les thématiques de diplomatie et de défense afin de discuter de l’engagement de l’Allemagne dans le secteur de la défense. Arnaud Danjean, député européen (ancien président de la commission de la Défense du Parlement européen et membre du Conseil de l’ECFR), François Godement, directeur du programme Asie et Chine de l’ECFR, et l’Ambassadeur Joachim Bitterlich (ancien conseiller auprès du Chancelier Helmut Kohl) ont présidé ce débat, unique en son genre à Paris, et suivi par un important écho médiatique en France (Challenges, L’Opinion…).

Malgré leurs limites constitutionnelles et une opinion publique récalcitrante, l’Allemagne s’engage de plus en plus dans les efforts de défense de l’Union Européenne.

Les principaux enseignements sont les suivants :

o   Le principal partenaire de l’Allemagne, la France, est désormais à l’aise avec un co-leadership assumé dans le domaine de la défense.

o   L’Allemagne ne devrait pas avoir honte de son engagement courageux mais devrait communiquer à ce sujet d’une manière plus positive et assurée.

o   Le député européen Arnaud Danjean a résumé ce débat avec plusieurs recommandations à la diplomatie allemande :

  • Il faut se rappeler que l’engagement militaire de l’Allemagne est conséquent : elle est toujours présente en Afghanistan alors que la France n’y est plus,  elle est aussi présente dans les Balkans et en Afrique.
  • Le budget de la défense allemande est plus important en valeur absolue que celui de la France (33 milliards d’euros contre 31 milliards en France).
  • L’Allemagne possède plus que quelques zones d’intérêts : l’expertise diplomatique allemande est plus universelle que ce que l’on croit.
  • L’Allemagne participe à des opérations de médiation en diplomatie, notamment dans les zones en crises comme le Sahel.

Ces analysent se matérialisent dans une série de mots clés entendus tout au long de ce débat. En effet, certains n’hésitent pas à parler d’une bonne relation franco-allemande, « mais on n’ose pas le dire ». D’autres rappellent que l’Allemagne ne doit pas avoir « un leadership honteux », parce qu’elle possède « l’expertise nécessaire pour s’engager sur le plan militaire ». Joachim Bitterlich a livré sa vision d’une politique étrangère allemande qui cherche sa place en matière de défense, ce qui pourrait commencer par une stratégie de défense et de sécurité franco-allemande. Plusieurs spécialistes enfin parlent d’une « diplomatie allemande mal connue », mais expliquent aussi que l’Allemagne a « brisé des tabous » en prenant position sur des grands sujets de préoccupation internationale.

Ce débat révèle une diplomatie allemande efficace qui doit s’assumer. Les partenaires de l’Allemagne, notamment la France, y sont prêts.