Alors que les dirigeants européens se dirigent vers le sommet de crise du Conseil européen du 23 septembre, leur discussion ne devrait seulement mettre un coup de projecteur sur les faiblesses du système d’asile européen, et sur la fragilité de la liberté de circulation à travers l’Union européenne (UE) lorsque la confiance entre voisins est rompue. Cette discussion devrait également renouveler le degré d’attention politique sur la mise en place de réponses de politique étrangère adéquates.

Mais investir de l’énergie diplomatique dans les conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui contribuent de manière significative à la récente hausse des arrivées de réfugiés en Europe, ne devrait pas rimer avec impulsives sans grande chance de succès sur le long terme. La capacité de l’Europe à influer sur les événements dans la région a des limites, et repose en grande partie sur la coopération diplomatique avec les acteurs régionaux, ainsi que sur l’apport d’aide et de soutien aux nombreux pays affectés mais pas encore épuisés par la crise, et qui ont un rôle essentiel à jouer pour que l’instabilité régionale ne se propage pas encore plus.

Bien qu’il soit utile que les réfugiés qui arrivent en Europe servent d’électrochoc pour montrer que l’embrasement régional en Syrie a lieu depuis trop longtemps, le louable désir de faire quelque chose ne devrait pas être autorisé à mener, à ce stade, une intervention inutile.

 

Il y a 10 vérités qui dérangent auxquelles les dirigeants européens doivent prêter attention avant le sommet :

 

1.       L’Europe doit passer à la vitesse supérieure avec une diplomatie sérieuse dans la recherche d’une solution au conflit syrien.

Comme le récent accord nucléaire avec l’Iran l’a montré, les dirigeants européens sont capables de produire un effort concerté, de travailler avec des partenaires inhabituels, et de faire des compromis dans le but d’atteindre leurs objectifs. 

Cependant, sur la crise syrienne, il n’y a pas eu assez d’efforts faits pour parvenir à une solution diplomatique. Une diplomatie européenne sérieuse signifie sans doute à présent d’utiliser des formats multilatéraux qui incorporent des acteurs régionaux – et la coopération avec Poutine – pour parler au régime d’Assad. Il n’y a pas de solution facile à ce problème, et peut-être n’y en a-t-il pas d’agréable, mais l’Europe doit trouver la meilleure possible.

 

Extraits clés :

« Dans ce contexte de spirale de violences, et alors qu’une intervention semble improbable, il devient de plus en plus urgent de concevoir une solution politique. Alors qu’une solution politique impliquant des discussions directes et inconditionnelles avec Assad reste pour beaucoup, et de manière compréhensible, anathème, la réalité est que le régime pourrait rester au pouvoir pendant encore un certain temps, tout en continuant à infliger de nouvelles pertes parmi ses citoyens. Bien qu’Assad soit politiquement et économiquement faible, sa chute pourrait prendre plusieurs mois, voire des années. Rien que d’un point de vue humanitaire, il est impératif de renouveler les alternatives politiques. » ‘Syria: towards a political solution’ Julien Barnes-Dacey, March 2012

« Si l'Occident veut utiliser la vraie diplomatie pour arrêter ou ralentir les tueries, il aura besoin de faire des compromis difficiles à accepter - en particulier, accepter que le sort d’Assad soit un point tranché durant le processus de transition; pas une condition préalable ou un résultat supposé, et que l'Iran doive jouer un rôle dans le processus diplomatique. " ‘Syria, the imperative of de-escalation’, Julien Barnes-Dacey & Daniel Levy, May 2013

 

2.       L’Europe et les Etats-Unis ne peuvent et ne doivent pas agir seuls : les acteurs régionaux sont essentiels à toute solution diplomatique.

L’ECFR a souligné la nécessité d’intensifier les efforts diplomatiques de l’Europe non seulement auprès des Etats traditionnellement moins amicaux, mais également avec les alliés du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite, qui est devenue un acteur clé dans la région, y compris en Syrie. Les Etats du Golfe sont devenus des moteurs de développement à travers le Moyen-Orient, en déployant d’importantes ressources diplomatiques, politiques, militaires et économiques. Bien que répondant pour une partie à des préoccupations légitimes, les politiques du Golfe contribuent au cycle du conflit, à l’effondrement de l’Etat, au terrorisme, et aux flux migratoires.

 

Extraits clés :

"La dure réalité est que la possibilité pour l'Europe - et même pour les États-Unis - de jouer un rôle important dans la gestion de cette menace croissante, ou de gérer d'autres aspects du chaos qui engloutit le Moyen-Orient, est et doit rester limitée. Les développements sont orchestrés depuis la région, principalement depuis le triangle des Etats du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de l'Iran et la Turquie. » ‘The road back to European power’, Susi Dennison, François Godement, Richard Gowan, Daniel Levy, Kadri Liik, Jeremy Shapiro, and Nick Witney, July 2015.

« Les Etats européens ont besoin de développer une approche plus cohérente qui cimente les liens importants tout en abordant les points de divergence... Les Etats du Golfe sont peu susceptibles de modérer rapidement leurs interventions régionales contentieuses. Mais l'Europe devrait essayer d'encourager des évolutions constructives, étant donné la possibilité que les politiques du Golfe se heurtent à un mur, tout en cherchant des ouvertures propices au règlement des contentieux en particulier entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. » ‘Responding to an assertive Gulf’, Julien Barnes-Dacey, June 2015

 

3.       L’Europe a besoin d’une stratégie post-Ukraine envers la Russie.


Comme il l’a été documenté dans nos Scorecards sur la politique étrangère européenne de 2013, 2014 et 2015, les Européens n’ont pas trouvé comment convaincre la Russie d’agir comme ils le voulaient depuis le début du conflit en Syrie. La relation entre l’Europe et la Russie a dramatiquement changé depuis l’annexion par cette dernière de la Crimée.

Ainsi que Mark Leonard et Ivan Krastev l’ont affirmé dans « The New European Disorder », l’Europe a mal compris la Russie post-soviétique, et a besoin de trouver un nouveau moyen de coexister avec ce puissant voisin. Nos publications sur des questions aussi variées que le marché du gaz en Ukraine et la maitrise tactique de la Russie aux Nations Unies montrent l’étendue de l’influence de Poutine. Ces derniers mois, les rapports sur les activités de la Russie en Syrie ont rendu encore plus urgente l’adoption d’une politique réaliste envers la Russie.

 

Extraits clés :

« Sans la pression de Moscou, le régime ne réduira pas son utilisation de la violence, et n’entrera pas dans un processus politique. Ainsi, « engager » la Russie peut être le seul moyen de stopper l'effusion de sang et d’empêcher la Syrie de sombrer encore d’avantage dans une guerre civile profonde et prolongée. (...) La Russie devrait être traitée moins comme un obstacle que comme un canal de dialogue avec les forces autour d’Assad. (...) Pour attirer la Russie à bord, les autres acteurs diplomatiques, y compris l'Europe et les Etats-Unis, ont besoin de mieux comprendre ses motivations. Moscou a exprimé sa crainte sur le précédent d’une intervention occidentale, directe ou indirecte, à la suite  de ce qu’elle a perçu comme une violation par l’OTAN du mandat de l’ONU sur la Lybie. Plus généralement, vu le déficit démocratique du président Poutine, unir ses forces avec une initiative occidentale qui a pour but de responsabiliser des contestations populaires contre un allié de longue date est très peu attrayant. " ‘Syria: towards a political solution’ Julien Barnes-Dacey, March 2012

 

4.       L’Europe a besoin de mettre à profit la dynamique née de l’accord nucléaire pour intensifier ses efforts vers des solutions diplomatiques avec l’Iran aux conflits en Syrie, en Irak et à la menace de Daech.

L’accord nucléaire conclut avec l’Iran plus tôt cette année a été un succès de politique étrangère comme il y en a peu pour les gouvernements européens. A présent, grâce au réchauffement des relations entre l’Iran et les nations européennes, il y a une vraie opportunité pour approcher de façon plus étroite avec l’Iran sur les enjeux de sécurité régionale.

En tant que puissance régionale majeure impliquée, de manière plus ou moins importante, dans la plupart des conflits qui caractérisent le Moyen-Orient d’aujourd’hui, Téhéran possède la plupart des clés pouvant ouvrir les portes vers de potentielles solutions diplomatiques ou politiques.  Les responsables politiques européens devraient intensifier leurs efforts dans le but d’explorer jusqu’où la coopération avec l’Iran peut être assurée, et à quel prix.

 

Extraits clés :

« Jusqu'à présent, les Européens n’ont pas suffisamment testé la possibilité que l'Iran puisse être en mesure de provoquer un changement dans le comportement du régime d'Assad en amont d'un accord politique général. (...) Une manière de faire serait de vérifier si et dans quelle mesure l'Iran peut fournir à l'ONU un accès humanitaire en Syrie en instruisant les forces du Hezbollah et du personnel du Courant de la gauche révolutionnaire (CGR) sur le terrain afin de laisser passer ces convois. Les Européens souhaitent voir Téhéran faire pression sur Damas pour faire cesser les attaques  aux barils d’explosifs et autres tactiques atroces utilisées par le régime dans les zones peuplées par des civils. Dans le cadre d'un dialogue exploratoire sur l’ensemble de la situation politique en Syrie, l'Iran pourrait être amené à limiter ses objectifs du maintien de voies d'accès stratégiques vers le Liban et à la protection des sanctuaires chiites et des zones alaouites comme un moyen de réduire les tensions confessionnelles avec les sunnites ".‘Engaging with Iran: a European agenda’ Ellie Geranmayeh, July 2015

 

5.       Il faudra accorder plus d’attention doit être prêtée au conflit en Lybie et au rôle permissif que joue ce pays de transit.

Les villes côtières libyennes se sont transformées en plaques tournantes majeures pour les réfugiés et migrants économiques de Syrie, d’Erythrée et des pays sub-sahariens, et, surtout, pour l’industrie du trafic de migrants qui les exploite. Ceux qui tentent passer en Europe par la mer font face à une route dangereuse qui a déjà coûté beaucoup de vies.

Parallèlement, la situation du pays en lui-même se détériore continuellement. Comme notre projet cartographique sur les factions en Lybie le montre, la tourmente dans ce pays a des facettes multiples. Pour avoir un impact sur le trafic, la Lybie va avoir besoin d’un soutien européen continu lors des négociations sous l’égide des Nations Unies pour un cessez-le-feu national, ainsi que d’un nouvel effort  pour appuyer les cessez-le-feu locaux dans certaines des régions les plus affectées par ce trafic, comme nous l’avons affirmé en août.

 

Extraits clés :

« Le trafic d’êtres humains est juste un aspect du mélange d'illégalité, de contrebande et de djihadisme qui prospère dans ce qui pourrait être défini comme la «ceinture d’insécurité" s’étirant du Sahel vers le Sinaï, et dont le noyau dur se situe dans les frontières poreuses du sud de la Libye. Cela comprend la contrebande d'armes ainsi que la mise en place de camps d'entraînement pour les djihadistes à travers cette ceinture mais qui prennent souvent source, ou ont un pied, en Libye elle-même. En fin de compte, les Européens ne peuvent pas se permettre d'avoir un Etat failli, tant crucial pour leur sécurité énergétique ainsi que pour l’enrayement du trafic illégal, à seulement 350 km au sud de Malte et de l'île italienne de Lampedusa. »

« De même, une Libye sur la bonne voie pourrait être un atout pour l'Europe et pour ses efforts dans la région. Tout d’abord, parce qu’elle pourrait accueillir des immigrants en provenance de Tunisie, d'Egypte et d’Afrique subsaharienne. Ensuite, en raison de son potentiel financier en tant que pays avec une population limitée et des revenus pétroliers élevés. En outre, les Européens qui ont soutenu l'opération Unified Protector en 2011 l'ont fait au nom de la Responsabilité de Protéger (R2P). Cela comprend aussi une responsabilité de reconstruire la Libye et de veiller à ce que sa transition soit en bonne voie. Ce n’est pas seulement une question d’engagement moral; c’est un élément essentiel de la crédibilité de l'Europe lorsqu'elle gère d’autres situations relevant de la R2P.»   ‘A European agenda to support Libya’s transition’, Mattia Toaldo, May 2014

 

6.       L’Europe devrait concentrer son attention et son assistance sur quelques pays-clés pas encore épuisés par la crise.

Une Europe d’après-crise financière, divisées dans ses priorités, et qui trouve difficile de justifier l’augmentation de l’assistance à l’étranger et s’en tient aux voies diplomatiques, devrait se concentrer sur les pays où elle a de l’influence et qui sont importants pour la stabilité régionale.

 

Extraits clés :

"Nous devrions reconnaître que notre aide et notre assistance, tout en restant nécessaires dans de nombreux cas, vont peser moins, en particulier alors que le Golfe déverse des milliards de dollars pour ses projets fétiches (par exemple, 23 milliards de dollars d'aide du Golfe à l'Egypte dans les 18 mois après l'éviction du président Mohamed Morsi). Nous devrions donc être plus sélectifs quant à où nous déployons nos générosité limitée – le subventionnement continu du statu quo Israël/Palestine via le financement de l'Autorité palestinienne pourrait être un bon endroit pour mettre une limite. Nous pourrions chercher une valeur ajoutée dans cette région complexe en concentrant notre soutien sur les pays - y compris la Jordanie, le Liban et la Tunisie - qui ne sont pas encore engloutis par la crise, mais qui sont sous forte pression du fait de celle-ci. » ‘The road back to European power’, Susi Dennison, François Godement, Richard Gowan, Daniel Levy, Kadri Liik, Jeremy Shapiro, and Nick Witney

 

7.       L’impact de la crise sur les Balkans occidentaux ne devrait pas être ignoré.

Les Balkans occidentaux, la source de la précédente vague de réfugiés en Europe dans les années 1990, sont à présent une zone de transit pour les réfugiés dans leur périple depuis la Turquie jusqu’en UE. Pour une région où la situation, comme nous l’avons expliqué dans le Scorecard 2015, s’est lentement détériorée alors que les promesses d’adhésion à l’UE étaient gelées, cela pourrait être un dangereux facteur de déstabilisation.  

 

Extraits clés :

« Même au milieu de sa propre crise interne et de l’aggravation des crises mondiales de l'Ukraine jusqu’à l'Irak, l'Europe ne peut se permettre de négliger une région dans laquelle l'UE a assumé un plein leadership en tant qu’acteur de politique étrangère et de sécurité. Ce sont les drames des Balkans dans les années 1990 qui ont fourni le catalyseur pour l'idée d'une Union européenne avec des responsabilités en matière de sécurité »  ‘Europe must not ignore the Western Balkans’, Francisco de Borja Lasheras, September 2014

 

8.       L’UE a besoin d’une diplomatie plus structurée envers la Turquie, qui prenne en compte les changements du paysage régional.

A cause de sa taille, de sa position géographique et de ses liens avec l’UE et les pays du Moyen-Orient, la Turquie est un pays clé dans la lutte pour la stabilité de la région. Ce fut l’un des derniers à couper les ponts avec Assad, et l’un des premiers à entreprendre une action militaire en Syrie. Des centaines de milliers de réfugiés Syriens ont quittés leur pays en passant par la Turquie, et beaucoup y sont restés ; des centaines de combattants étrangers ont rejoint Daech et d’autres groupes terroristes via la Turquie. Les tensions politiques internes sont au plus haut juste avant les élections turques, alimentées par l’impact de la crise des réfugiés ainsi que par l’escalade récente des combats entre gouvernement et PKK. Cependant, il manque une politique européenne coordonnée envers le pays, et notamment une tentative sérieuse de trouver une solution au conflit entre la Turquie et le PKK.

 

Extraits clés

« L’ordre régional en plein changement devrait pousser l'UE et la Turquie à s’appuyer sur quelques tentatives pour une plus grande coopération, telle que le dialogue entre le ministère des Affaires étrangères turc et le Service Européen d’Action Extérieur (SEAE). Mais la crise en Syrie - jusqu'à récemment bonne amie de la Turquie - et la rivalité turco-iranienne intensifiée ont surtout conduit à un rapprochement avec les États-Unis plutôt qu’avec l'UE. » ‘Scorecard 2012’

« Le voisinage de la Turquie est dans le chaos. Ankara et l'Europe sont confrontées à des crises à la fois au sud et à l'est, mais leur coopération a été limitée. Il n'y a eu aucun effort de la part l'UE pour consulter la Turquie au fur et à mesure, et la Turquie a été en désaccord avec la majorité des positions de l'UE en matière de politique étrangère » ‘Scorecard 2015’

 

« L'Europe doit considérer la politique turque à l'égard du PKK comme une question qui affecte directement ses propres intérêts dans la région, y compris le but de monter une lutte coordonnée et efficace contre Daech. L’Europe devrait donc accorder une attention diplomatique considérable au soutien de la relance du processus de paix entre la Turquie et le PKK. » ‘Turkey, the Kurds, and the fight against Islamic State’, Cale Salih, September 2015

 

9.       Le soutien de l’Europe aux pays accueillant des réfugiés dans la région doit être augmenté et coordonné.

 

Les opposants à l’accroissement de l’aide européenne dans la crise des réfugiés ont fait remarquer que la plupart des réfugiés qui traversent l’Europe ne viennent pas directement de zones de guerres, mais de zones relativement sûres dans des pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie. Cependant, ces pays ont dû gérer une incroyable pression sur leur propre stabilité, en accueillant de très nombreux réfugiées tout en faisant face à des menaces directes liés aux débordements de violence. 

Il n’était pas réaliste pour l’UE de penser que le problème des réfugiés ne déborderait pas de la région, et il n’est pas réaliste à présent de ne rien faire pour soulager les pays les plus affectés. Quelques Etats européens, comme la République Tchèque, la Grèce et le Royaume-Uni, font pression pour une réorientation de l’aide internationale vers les pays d’accueil de cette région, tandis que d’autres poussent à une priorisation du soutien intra-européen pour les pays les plus touchés par les flux entrants. La réponse se trouve sans doute dans un équilibre entre les deux, mais cette réponse doit être coordonné, plutôt que les Etats membres n’agissent seuls.

 

Extraits clés :

"Le fardeau financier de l’aide à la population syrienne réfugiée doit être partagé par tous les Etats membres de l'UE. Alors que le dialogue critique est essentiel sur les questions relatives à la réforme intérieure, l'Europe devrait être généreuse dans son offre de soutien financier pour aider le pays à faire face aux conséquences d'une crise pour laquelle il ne porte aucune responsabilité et qui paraît devoir davantage " ‘Jordanian tremors: elusive consensus, deepening discontent’, Julien Barnes-Dacey, November 2012

« Situé dans l’arrière-cour immédiate de l'Europe, ce qui se passe au Liban devrait importer aux Etats européens. Toute descente vers un conflit violent au Liban promet non seulement une crise humanitaire, mais pourrait aussi signifier une chute vers la violence prolongée et la radicalisation à un moment d'incertitude régionale profonde » ‘Lebanon: containing spillover from Syria’, Julien Barnes-Dacey, September 2012

« Les niveaux d'aide pour l’écrasante crise des réfugiés au Moyen-Orient ont à juste titre été élevés, mais la volonté de réinstaller une grande partie de ceux dont les vies ont été détruites dans le conflit syrien ferait une réelle différence.  ‘Scorecard 2015’

 

10.   L’Europe doit se souvenir de son engagement en faveur de la prévention et de la gestion des conflits.

Beaucoup d’Européens ont le sentiment – à juste titre, selon nous – qu’un renforcement de l’intervention militaire occidentale dans le conflit Syrien ferait sans doute, au vu des circonstances, plus de mal que de bien. Mais ailleurs à la périphérie de l’Europe, notamment dans la corne de l’Afrique et au Sahel, les Nations unies et l’Union africaine peinent à éteindre les flammes des conflits, et ont terriblement besoin d’aide européenne.

La plupart des Etats membres sont devenus tout au mieux partagés quant au rôle de pourvoyeur de sécurité de l’UE. Mais à moins que les Européens ne contribuent, y compris militairement, à la préservation et à la restauration de la stabilité là où ils le peuvent, ils ne devraient pas être surpris si des personnes désespérées tentent de venir en Europe. 

 

Extraits clés

« A moins que l'UE ne retrouve la volonté d’assumer les coûts et les risques des opérations militaires pour contrôler les conflits, l'Europe peut s’attendre à une intensification continue de la pression des réfugiés sur ses frontières méridionales. Bien que la force militaire ne puisse pas aider en Ukraine ou dans la crise au Moyen-Orient, l'UE pourrait faire une grande différence si elle était prête à s’investir davantage dans la gestion des crises en Afrique »  ‘Why Europe must stop outsourcing its security’, Richard Gowan and Nick Witney, December 2014